mercredi 13 juin 2012

Le changement, c'était hier.

L’heure de vérité est imminente. Le premier abattage du 10 juin laissa deux candidatures qualifiables pour un second tour : mesdames Sas (EELV/PS) et Briand (UMP). Aucune d’entre elles ne put atteindre les 12.5% des inscrits nécessaires au maintien pour le second tour, aussi les cris de victoire semblent-ils aujourd’hui tout à fait déplacés.
Comment en sommes-nous arrivés à une telle situation ?
Une multiplicité de candidatures importantes l’explique d’une part, mais elle est aussi et surtout imputable à une participation particulièrement faible : assesseur du bureau n°5 (Jules Ferry) d’Athis-Mons, je peux témoigner d’un taux de participation avoisinant 55% (654 émargements sur 1176 inscrits). C’est donc le peuple français - et non les spécialistes relatifs qui se sont déjà exprimés - qui demeure en réelle position de faiseur de roi. On peut néanmoins tirer quelques analyses du scrutin – abstraction faite de sa faible représentativité :

-          L’alliance matrimoniale avec le Front de Gauche n’a pas eu les résultats escomptés pour son candidat qui souffre sans doute du ralliement inconditionnel de Mr. Mélenchon au PS pour le second tour de la présidentielle.
-          Le Modem est définitivement hors connexion, conséquence de son ralliement au plus offrant.
-          Les dissidents ont été mis en échec, aussi ne tarderont-ils pas à en subir les conséquences.
-          Le Front National reste puissant et mobilisateur compte tenu de l’abstention (son score global approchant fortement celui de François Garcia).


Reprenons le fil du propos.
Offrant un programme mêlant péniblement écologisme et un socialisme exacerbé depuis la victoire de François Hollande - au point d’en oublier  l’étiquette EELV sur les bulletins de vote -, la candidate écologiste précommande assurément la fourrure synthétique de l’ours avant de l’avoir faite produire en Chine.
Le président et son nouveau gouvernement sont socialistes. Le Sénat est socialiste. La région Île-de-France est socialiste. Le conseil général de l’Essonne est socialiste. La communauté d’agglomération est socialiste. Pour la plupart, la municipalité est encore socialiste… S’agit-il de leur signer un chèque en blanc ?
Mais là n’est pas le problème principal : face à une candidate locale et non issue du monde politique, qui sût soutenir d’elle-même de nombreux projets visant à améliorer notre quotidien, le centre national du parti socialiste décida d’un largage sur zone – la situation n’était d’ailleurs pas dépourvue d’un certain humour : SAS étant l’acronyme désignant les commandos britanniques, spécialistes de ce genre d’opérations spéciales.


Cette candidature, fruit d’un accord négocié entre les Verts et le PS (60 circonscriptions en échange de leur soutien) parle d’elle-même et témoigne du mépris parisien latent porté à nos villes périphériques. Selon eux, nous ne serions guère bons qu’à honorer ces accords mesquins et peu représentatifs (Eva Joly n’obtint que 2,04% des suffrages sur notre circonscription) et à servir de tremplin pour une carrière – en offrant sur un plateau une légitimité populaire qui faisait jusqu’à présent défaut à de tels technocrates. La trésorière du parti écologiste nous arrive en effet tout droit de Bagnolet… pourquoi ne pas demeurer dans cette localité – pourtant si fleurie - pour en améliorer le sort ?
La vérité, la voici : votre quotidien est sans importance. Cela autorise donc à enchaîner les promesses sans suite possible : un « développement du pôle économique d’Orly, accroître le nombre d’emplois, améliorer la desserte en transports » tout en « limitant les nuisances de l’activité ». Magique !  Mais pourquoi n’y avons-nous pas pensé... plutôt que de nous diviser sur la question entre partisans du développement et défenseurs du cadre de vie (couvre-feu) ? Heureusement, le bon sens de la capitale vient à notre secours - par planeur non polluant – aux échéances électorales. Des réservistes sont même mobilisés pour cette mission : Cécile Duflot débarque à la rescousse pour réaliser une opération de porte-à-porte – quelle plus belle façon d’inaugurer un poste de ministre du logement ?
De telles pratiques l’attestent : le changement, c’était hier ; je change, je mens : c’est maintenant !

Vous l’aurez compris, le 17 juin je voterai Françoise Briand. Du reste, je compte sur vous pour dépasser les 3000 visiteurs avant le second tour !




D’ici là, n’oubliez pas : qui ne dit mot consent. Je comprends tout à fait que l’on puisse avoir une sensibilité de gauche ou bien que l’on s’abstienne ; cependant se taire dans de telles conditions revient à cautionner ce genre de méthodes indignes de nos foyers.

Julien Dumaine.


Dimanche 17 juin , 22h38: 3000 visiteurs!

6 commentaires:

  1. Encore un exemple de toutes les manigances politique qui régissent le quotidien des institution Française, oh combien corruptible.
    Pour ma part je ne vote pas, je ne serais donc d'aucun secours à Mme Briand mais j'espère que la plus sincère l'emportera.

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    1. Bah vas voter, si tu ne veux pas de l'autre parachutée...

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    2. Je suppose que la personne voulait nous signifier qu'elle n'avait pas le droit de vote...

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  2. Cet article est excellent, bien écrit et plein d'humour comme Julien Dumaine nous y a habitué. Heureusement que des jeunes comme lui nous donnent envie de poursuivre la lutte.

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  3. Très bonne analyse, vous avez un style d'écriture qui fait mouche à tous les coups et qui me plaît bien, votre plume pleine d'humour nous rappelle à l'ordre et nous ouvre les yeux sur la vraie nature des candidats "parachoutés" qui nous donnent des leçons d écologie et qui sont prėts à achever une population de paumés en légalisant certaines substances. Tout cela pour récupérer quelques votes !!!Mais ou va-t'on? Arrêtons de nous laisser endormir par tous ces discours aux promesses impossibles à tenir, et allons voter pour le candidat qui habitant sur la circonscription, défendra au mieux nos intêrets et notre cadre de vie .

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  4. Je ne savais pas que vous étiez un bloggeur.
    Je tombe sur votre blog par hasard et je regrette de ne pas l'avoir vu avant. Vous avez un talent indéniable.
    Nous nous sommes croisés lors d'une réunion de Françoise, vous étiez avec un autre jeune assez grand. Vous m'aviez fait plutôt bonne impression et grâce à votre blog je crois ne pas m'être trompée.
    On a besoin de jeunes comme vous.
    Salutations Julien, en espérant se revoir bientôt. M.C.

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