samedi 19 janvier 2013

Message à l'attention du personnel communal

Le dernier conseil municipal d'Athis-Mons (19 décembre) fut le théâtre d’une controverse provoquée par la présence des employés communaux venus manifester en masse leur mécontentement. Le maire François Garcia les congédia bien promptement après une intervention orale  pour le moins tempérée  du syndicat CGT. Pour toute réponse, le maire les gratifia d'un courrier  expéditif auquel nous répondîmes ainsi:

Chers employés communaux,

Vous avez dernièrement reçu pour unique réponse quant aux craintes légitimes que vous nourrissiez une lettre de la part de Mr. Le Maire. Celle-ci fut clairement écrite à des fins de non-recevoir, remettant en cause le bien-fondé de vos revendications – afin d’endormir vos esprits, il les met savamment en butte à un flot ininterrompu de technicité juridique –, coupant ainsi court à tout débat concernant votre statut. Il était certes de notoriété publique que le Maire en place ne faisait que peu de cas du dialogue, ainsi que des mobilisations collectives – si importantes soient-elles - ayant lieu à l’occasion du conseil municipal : le triste exemple de la démolition de la piscine-patinoire est là pour le rappeler à notre mémoire…

Ce n’est pourtant pas ainsi qu’en d’autres temps nous avions coutume de fonctionner : comme nous le rappelions à la séance du conseil municipal, c’est avec l’équipe de René L’Helguen que nous assurâmes la mise en place des trente-cinq heures de travail hebdomadaire pour le personnel municipal – quand bien même l’édile communiste précédent, Paulette Chaumier, n’avait alors pas jugé impératif de les faire appliquer. Du reste, la majorité socialiste semble passablement gênée par cette période historique puisque par un habile procédé de narration, les mandats de René L’Helguen (1959-1977/1983-1989) ne font l’objet d’aucune mention dans le point sur l’histoire de la ville offert par le nouvel agenda municipal 2013 remis à certains privilégiés.


Cette réponse brève, ce pis-aller que constitue ce courrier – car c’en est un : si, à dessein, aucune date claire n’avait été avancée, n’avait-il pas été toutefois question d’une concertation future entre le maire et le personnel ? - n’est qu’une des marques les plus évidentes du manque de considération accordé par François Garcia à l’ensemble de ceux qui permettent pourtant chaque jour la mise en œuvre de l’action municipale sur le terrain du réel. Soyez cependant certains que ce mépris n’est pas votre apanage exclusif : comme vous, nous le partageons depuis trop longtemps et c’est à ce motif que le groupe "Tous Pour Athis" a choisi de quitter la séance du conseil municipal du 19 décembre par solidarité avec votre action. Nous sommes parfaitement à même de comprendre votre colère face à un impossible dialogue - cette situation étant précisément la nôtre : combien d’années fallut-il pour avoir le droit à un espace restreint d’expression libre exclusif dans le journal de la ville ? Et combien de temps faudra-t-il pour que ne serait-ce qu’un seul des nôtres puisse siéger au conseil d’agglomération pour en contrôler le fonctionnement ? – et savons combien la fin de l’année 2012 put être difficile pour vous sans même la moindre prime de Noël pour la conclure.


Et pourtant, le Maire n’hésite pas à donner dans la surenchère, vous dépeignant un cadre de travail non seulement « fonctionnel », mais aussi « agréable » qui - tenez-vous bien – est « [confirmé par] le nombre de candidatures [qu’ils] reçoivent chaque jour », témoignant de « l’attractivité de la commune […] très certainement parce que nous offrons à nos employés un cadre et des conditions de travail de grande qualité ». Ainsi semble nous résumer Mr. Garcia : Que venez-vous vous plaindre auprès de moi ? Vous bénéficiez d’un statut de privilégiés que tous les travailleurs vous envient ! Gare à pousser trop loin la contestation toutefois… on se bouscule à la porte pour votre place !

Cette invocation des demandeurs d’emploi - dont nous ne savons que trop combien ces malheureux se démènent pour trouver un emploi quel qu’il soit, frappés qu’ils le sont par le chômage en pleine crise économique – ne saurait constituer un argumentaire solide pour défendre « l’attractivité de la commune » et il ne semble pas souhaitable de mettre indirectement en concurrence ainsi le personnel avec les chômeurs.

Mais ce que Mr. Le Maire semble oublier, c’est qu’à l’inverse d’un patron plus traditionnel, sa mainmise sur ses employés ne dépend somme toute que d’un mandat électif – il lui serait alors bien malvenu de poursuivre, comme il le fait pourtant depuis 2001, sa politique de destruction systématique de notre ville.

Nous tenions néanmoins à vous joindre tous nos vœux pour cette année 2013.


L’équipe de Tous Pour Athis.