mardi 4 avril 2017

Lettre de démission de Mme Julienne GEOFFROY, Adjointe au Maire en charge des Finances


Mesdames, Messieurs, Chers collègues,

Je n’ai pas souhaité être présente ce soir pour la présentation du budget 2017 et j’ai demandé à Julien DUMAINE, auquel j’ai donné pouvoir pour cette séance, que soit lue cette lettre expliquant les raisons de mon absence.

A la suite de l’élection de notre liste, en tant que 2e Adjointe au Maire en charge des finances, j’ai été amenée à travailler à la bonne exécution du budget 2014. En 2015, j’ai participé activement à l’élaboration du budget principal, et je suis relativement satisfaite du résultat. Toutefois, à partir de l’exercice 2016, mon pouvoir décisionnaire est rapidement devenu inexistant au profit de certains des membres de l’administration et notamment de la direction. Pire, il était impossible d’émettre la moindre critique à l’égard des orientations de l’administration, et les quelques fois où je me suis risquée à le faire, on m’a immédiatement menacée de me retirer mes délégations. Depuis, la situation n’a fait que de se dégrader et je ne compte plus le nombre de fois où il m’a été demandé de « laisser travailler l’administration », alors même que je ne faisais que demander des informations d’ordre budgétaire ou une simple communication de documents.

La vérité, c’est qu’en dépit de mon diplôme sanctionnant cinq années de formation supérieure en école de finance, je crois n’avoir jamais été réellement prise au sérieux. En effet, on ne prêtait guère plus attention à mon opinion depuis un certain temps déjà. Ma jeunesse ne parle peut-être pas forcément en ma faveur, mais étant en charge de 10 écoles de reconversion professionnelle pour un budget total de 35 millions d’euros en fonctionnement dans le cadre de mon activité professionnelle, j’ai la prétention de croire que mon avis n’était pas totalement dépourvu d’intérêt.

Aujourd’hui, ma seule et unique marge de manœuvre se limite au contrôle des bons de commande que je peux éventuellement refuser de signer. Et même en ce cas, je sais bien qu’ils seront validés malgré tout par Madame le Maire qui par méconnaissance des dossiers, cèdera à  la pression de son administration.

Il y a deux mois, j’ai même été évincée de la commission d’appel d’offres pour des raisons obscures, ce qui est assez singulier pour un Adjoint au Maire en charge des finances.

Avec l’élaboration de ce budget 2017, des sommets ont été atteints. Initialement, je n’avais même pas été associée à l’élaboration du budget principal.  Un beau jour, j’ai découvert que nous faisions appel à un cabinet privé chargé de travailler sur la préparation budgétaire. J’ai été conviée à cette réunion la veille pour le lendemain et n’ai donc pas pu me libérer pour y assister. Il est déjà assez révélateur que nous ne soyons pas en mesure de préparer un budget en interne et contraints de faire appel à un consultant extérieur. Pire, je n’ai été informée des conclusions de cette réunion que via des indiscrétions de la part du personnel communal (Mme le Maire ne m’en ayant avisée que de façon allusive par téléphone suite à mon insistance). Cela prouve bien que le niveau d’information des services municipaux est aujourd’hui supérieur à celui des élus, et a fortiori de l’élue de secteur.

A la suite de cela, j’ai réclamé pendant près de deux mois et à de nombreuses reprises un compte-rendu de cette réunion, ou encore le rapport produit par le consultant. Jamais je n’ai eu accès à ces documents. J’ai fini par comprendre que l’on ne souhaitait sans doute pas que ces documents finissent entre mes mains. Et pour cause, ceux-ci sont sans doute accablants. En effet, un vent de panique a soufflé lorsque l’information a été diffusée : à un mois d’échéance du budget, la section de fonctionnement était déficitaire d’1 million d’euros… ce trou sur le budget de fonctionnement étant sans doute la raison pour laquelle il a été nécessaire de reporter le vote du budget.

Cette surprise n’a pas occasionné de remise en question des compétences de certaines personnes, bien au contraire… Pourtant, la baisse des dotations de l’Etat ne sera que de 300.000€ cette année et non de 600.000€, suite au « cadeau » du président de la République effectué avant les élections. N’importe quel élu ou administré serait donc en droit de se questionner sur les 700.000€ restants…

Du travail de ce cabinet privé, le seul élément que j’ai réussi à obtenir fut un tableau des projections financières de la ville d’ici à 2020, utilisé lors du rendez-vous en mairie. Celui-ci est extrêmement alarmant à propos du niveau d’endettement de la commune, et sur ce fondement je n’ai eu de cesse de tirer la sonnette d’alarme ces derniers mois, sans être suivie. En effet,  le ratio de la capacité de désendettement de la ville est plus que préoccupant. De 5,2 années en 2014, il sera de 9,4 en 2017 pour aboutir à 17,2 en 2020… A cet effet, je rappelle que le seuil de vigilance se situe à 10 ans (seuil critique à 15 ans) et que ces projections ont été effectuées considérant une évolution annuelle de seulement 1 % (et même 0,1 % en 2017) des charges de fonctionnement, objectif que nous n’avons jamais réussi à tenir jusqu’ici (4 % en 2014 et 3 % en 2015, 2016 étant plus difficile à évaluer du fait des transferts). Plus grave, dans ce tableau qui évoque un scénario menant la ville à de lourdes difficultés financières, le niveau d’emprunt pour 2017 était estimé à 3.3 millions d’€. Or, le budget présenté ce soir propose … le recours à un emprunt à 3.2 millions d’€.

Alors que les principaux cadres de l’administration étaient bien au fait de ces difficultés, les élus n’ont eu de cesse d’être désinformés sur ces questions. Suite aux évènements du 1er février, lors d’une réunion de majorité où afin de ressouder l’équipe, chacun était amené à faire part de ses récriminations, j’ai tenté d’évoquer ce sujet important. J’ai porté à la connaissance des autres élus que nous risquions une mise sous tutelle dans deux ans. Madame le Maire a tourné court et il m’a été rétorqué de façon lapidaire que ces propos étaient exagérés et véhiculés par certains « dans le but de nous déstabiliser ». Pourtant, la possibilité d’une mise sous tutelle en 2019 est une éventualité qui m’a été évoquée par la directrice des finances elle-même, dans le cadre d‘une réunion budgétaire que j’ai fini par obtenir à la suite de mon insistance. A chaque fois, la gravité de la situation était clairement minimisée. Nous avons même eu droit à un séminaire dédié à ce sujet.

Je ne cautionne plus cette opacité manifeste vis-à-vis des élus, y compris au sein de la majorité. Depuis le tragique décès du premier adjoint, le seul avec lequel j’ai appris et travaillé, Madame le Maire décide seule sans concertation, sous l’influence de quelques privilégiés non élus qui nous conduisent manifestement vers la catastrophe tout en occultant la réalité.

En outre, exerçant moi-même une profession de contrôleur de gestion, je ne souhaite plus être associée à la politique menée en mairie d’Athis-Mons. En effet, si je ne suis clairement pas à l’origine des choix effectués, j’endosse aujourd’hui via mes fonctions d’élue aux finances la responsabilité des décisions. Aussi, je ne souhaite pas que des problèmes de mauvaise gestion puissent me porter préjudice. Par ailleurs, une politique financière aussi aléatoire laissant ainsi filer les dépenses de fonctionnement ne peut aboutir à moyen terme qu’à une hausse de la fiscalité des Athégiens… ce qui est parfaitement contraire aux raisons de mon engagement initial.

C’est pourquoi, en cohérence avec tout ce qui précède, je vous informe avoir envoyé ce matin au Préfet la démission de mes fonctions d’Adjointe au Maire en charge des Finances et ne souhaite désormais plus être associée aux décisions quelles qu’elles soient de la municipalité.


Julienne GEOFFROY

2ème Adjointe au Maire d’Athis-Mons en charge des finances
Vice-présidente du Nouveau-Centre en Essonne
Déléguée UDI de la 7ème circonscription de l’Essonne

1 commentaire:

  1. je suis très choquée par tout ce qui se passe à la mairie j' ai voté pour Madame Christine Rodier car j'en avais assez du copinage de l'ancienne municipalité, il est clair qu'aux prochaines élections municipales je ne voterai pas pour madame Rodier

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