mercredi 13 septembre 2017

Athis-Mons : malgré les squats, « la Cité de l’Air n’est pas un quartier abandonné » ( Le Parisien 11/09)



L’association des habitants de la Cité de l’Air monte au créneau pour réhabiliter la réputation d’un quartier plombé par l’installation d’un squat depuis trois ans.
Les petits pavillons donnent sur des carrés de jardin bien entretenus. Les larges avenues rectilignes sont épargnées par le gros du trafic automobile et le calme ambiant parvient à faire oublier la proximité immédiate de l’aéroport d’Orly. Véritable poumon vert du centre-ville d’Athis-Mons, le quartier de la Cité de l’Air est sorti depuis quelques mois de sa douce torpeur. Bien malgré lui.
Mis sous le feu de l’actualité depuis l’arrivée de dizaines de familles venues notamment de Syrie, le petit coin autrefois tranquille voit son image écornée. Si près de 300 personnes, selon l’association Droit au Logement (DAL), vivent dans un véritable bidonville rue Henri-Gourmelin dans des habitations délabrées propriétés de la Direction générale de l’aviation civile (DGAC), 200 familles continuent de mener leur vie de quartier quelques rues plus loin.

« C’est la voix de ces locataires que nous voulons porter en affirmant tout d’abord que la Cité de l’Air n’est pas un quartier abandonné comme on a pu parfois le lire dans la presse », clame Etienne Fortin, président de l’Amicale des résidents de la Cité de l’Air (ARCA). Inquiets de l’image que renvoie leur quartier depuis quelques mois, les responsables de l’association ont pris le parti de monter à leur tour au créneau.

Les assistantes maternelles touchées par la mauvaise réputation du quartier

« Il n’y a jamais eu de trafic de drogue ou de prostitution dans notre quartier contrairement à ce qu’a pu laisser entendre un représentant du DAL dans plusieurs médias, reprend Etienne Fortin. 250 maisons au total sont implantées sur la Cité de l’Air. Une trentaine est squattée, une quinzaine est vide en attente d’une relocation et toutes les autres sont louées à des gens issus du milieu aéronautique qui paient leur loyer et leurs charges. Nous comprenons la situation des familles de la rue Gourmelin qui sont en détresse, mais les habitants traditionnels du quartier commencent à subir les conséquences de l’existence de ces squats. »

Selon l’ARCA, la nouvelle réputation du quartier commencerait à nuire aux quelques assistantes maternelles installées sur place, auxquelles les parents confieraient moins volontiers leurs enfants. « Lors de notre fête annuelle, en juin, nous avons constaté une baisse de fréquentation à cause de cette image véhiculée par les médias d’un quartier vide d’habitants », ajoute Etienne Fortin.


La création d’une ZAC à l’étude
Rattaché à la commune d’Athis-Mons en 1960, le quartier de la Cité de l’Air fait l’objet d’un projet de réaménagement. Ce mercredi à 18h30, une réunion publique se tient à la salle Curie sur le sujet. La ville, qui indique « réfléchir au devenir » de ce lotissement depuis deux ans, va lancer des études préalables et définir un périmètre afin de créer une future zone d’aménagement concerté (ZAC) en association avec la Sorgem, une société d’économie mixte spécialisée dans l’aménagement public.
« Le projet a pour objectif premier la mise en valeur de ce lieu remarquable », indique la municipalité qui affirme sa volonté de « perpétuer l’esprit de la cité jardin » pour développer un écoquartier sur ce site d’une quarantaine d’hectares.
Réunion publique mercredi à 18h30, salle Curie, place du Général-de-Gaulle.


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