mardi 10 octobre 2017

Quand la "droite" célèbre le bolchévisme à Athis-Mons - Michel BOURG


Aujourd'hui, c'est au tour de notre ami Michel BOURG (conseiller municipal autrefois délégué aux anciens combattants et à la citoyenneté) de revenir sur les échanges ayant eu lieu au cours du dernier Conseil Municipal d'Athis-Mons. A l'image de Julienne GEOFFROY, qui se concentrait plutôt sur sa spécialité - les chiffres-, il accompagne cette fois-ci le lecteur dans le monde des idées en évoquant certaines incohérences idéologiques qu'il n'a pas manqué de faire remarquer en séance.



A l'occasion du conseil municipal du 20 septembre dernier, je n'ai pas manqué de m'étonner d'une décision prise par Madame le Maire (n°173), concernant la mise à disposition d'une salle pour célébrer le centenaire du 7 novembre 1917. J'ai tout d'abord interpellé Madame le Maire et son équipe (du moins ce qu'il en reste) quant à cet événement, afin de m'assurer qu'ils en avaient bien pris la mesure historique. J'ai été navré d'avoir pour seule réponse une série de quolibets, parfois risibles (il a été affirmé que je confondais avec la révolution d'octobre 1917, alors qu'il s'agit justement du même événement...). Il aurait été plus simple pour certains d'avouer qu'ils ne le savaient pas, bien qu'il s'agisse d'une date importante de l'histoire mondiale.

Car en effet, il s'agit bel et bien de la révolution bolchévique menée par Lénine et ayant amené à l'avènement du communisme en Russie.

En tant qu'enfant de la guerre froide, je m’étonnerai et m’interrogerai toujours sur de semblables excès de zèle dont font preuve nombre de responsables locaux ou nationaux de notre propre famille politique à l’égard de cette idéologie, pourtant censée être aux antipodes de nos valeurs. J’entends bien qu’au vingt-et-unième siècle il faut enfin que les esprits éclairés sachent évoquer le sujet de façon dépassionnée, afin de comprendre ou pardonner, toutefois, imaginerait-t-on un instant, un éventuel premier magistrat issu de la gauche signer en 2033 une convention pour commémorer dans la langue de Goethe le centenaire du 30 janvier 1933 ? 

Ancien élu aux anciens combattants et au devoir de Mémoire, je suis particulièrement attaché à ne jamais oublier les victimes de tous les totalitarismes.  De plus, je n'oublie que nous traversons actuellement un autre centenaire - celui de la première guerre mondiale - pour laquelle les conséquences de cette révolution coûtèrent cher à nos poilus au front. L’armistice de Brest-Litovsk libéra les troupes allemandes du front de l'Est, qui repartirent immédiatement à l'offensive sur le sol de France dans quelques-uns des assauts les plus meurtriers de l'histoire !

Comme l'a rappelé ensuite mon collègue Julien DUMAINE, il y a peut-être de la part de Madame le Maire une certaine inconstance dans le domaine : on se souvient, pourtant, qu’il n’y a pas si longtemps elle s'était opposée au dépôt d'une gerbe au cours d’une manifestation patriotique sous le motif qu'elle était déposée par le Parti Communiste Français.

C'est un choix politique. Mais comment expliquer alors qu'il fut décidé d'interdire de commémorer les faits de résistance par les communistes en France et dans le même temps "célébrer" - car c'est le terme - l'action des bolchéviques à l'étranger à travers ce centenaire de la révolution d'octobre 1917 ?

A cette allure, il sera bientôt interdit un futur meeting de Jean-Luc Mélenchon sur la ville pour mieux recevoir le lendemain Kim-Jong-Un et sa délégation officielle.

Ainsi, à l'image de beaucoup d'autres sujets, cela n'est pas seulement regrettable, mais aussi étrangement incohérent.


Michel BOURG, Conseiller Municipal


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