mardi 23 janvier 2018

Essonne : les quartiers fondent pour les glaces Oscar (Le Parisien 23/01)

Depuis ce lundi, et la mise en ligne d’un documentaire sur le site Streetpress, Nanou fait le buzz sur les réseaux sociaux. Depuis 34 ans, elle perpétue la tradition familiale des glaces Oscar… un glacier ambulant fondé par son grand-père.

Sa petite musique trotte encore dans toutes les têtes. Depuis ce lundi, et la mise en ligne d’un reportage sur le site Streetpress, le glacier star des quartiers et des camps de gens du voyage en Essonne et dans le Val-de-Marne fait le buzz sur Internet. Au volant de son camion bigarré, Nadine, que tout le monde appelle « Nanou », perpétue une tradition familiale née il y a plus 50 ans.
« J’ai découvert les glaces Oscar lorsque j’étais en reportage à Grigny, confie le journaliste Matthieu Bidan qui réalisé le documentaire avec sa collègue Inès Belgacem. Des personnes différentes m’en ont parlé à plusieurs reprises, je me suis dit qu’il y avait une belle histoire à raconter. »
La belle histoire commence de manière tragique, au milieu des années 1970 à Savigny-sur-Orge. « Mon grand-père est décédé au tout début de l’aventure, raconte Nanou. Ma grand-mère, qui allait chercher le lait à la laiterie d’à côté pour fabriquer ses glaces, a choisi de lui rendre hommage en utilisant son prénom. »
Au fil des années, la charrette de la grand-mère se transforme en camionnette. « Quand mon père est arrivé d’Italie, il a travaillé comme maçon, poursuit-elle. Il a travaillé sur de nombreux chantiers comme, par exemple, celui des Grands ensembles à Massy. c’est là qu’il s’est dit qu’il fallait rendre les glaces accessibles à tout le monde. » Le concept des glaces Oscar était né.
De Savigny-sur-Orge à Grigny, en passant par Athis-Mons mais aussi Vitry-sur-Seine, Choisy-le-Roi ou encore Thiais dans le Val-de-Marne, Nanou multiplie les arrêts dans les quartiers réputés sensibles et sur les campements des gens du voyage. « Il ne m’est jamais rien arrivé, assure-t-elle. Tout le monde sait que je viens pour donner du plaisir. »
Pour réaliser son film, Matthieu Bidan a dû suivre son rythme effréné. « Nadine file de cité en cité et sur place, elle ne reste que très peu de temps, détaille-t-il. Il fallait faire vite pour tourner les images. »
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« Nanou » compte même des clients célèbres, elle pose ici aux côtés du chanteur Kendji Girac./DR

« Tous les anciens ont connu les glaces Oscar »

A Grigny, dans le quartier de la Grande-Borne, le glacier « express » est encore dans toutes les mémoires. « Tous les anciens ont connu les glaces Oscar, s’exclame Kizo, un des « grands frères » du quartier. Quand on était petits, on voulait tous notre glace. Alors, dès qu’on voyait le camion arriver ou dès qu’on entendait la musique, on montait en vitesse voir nos parents pour qu’ils nous donnent une pièce. Il fallait faire vite car le camion ne restait pas longtemps. »
Avec ses glaces « pas chères », Oscar est rapidement devenu la star de la Grande Borne. « A l’époque, les seuls qui entraient dans le quartier, c’était les pompiers, la police, les ambulances… et les glaces Oscar », ajoute celui qui a créé le No Joke Training, une discipline qui mêle musculation, sports de combat et endurance.
Au début des années 2000, les glaces Osacr ont compté jusqu’à dix camions pour assurer toutes les tournées. Aujourd’hui, Nanou perpétue seule la tradition. « Je fais ce métier depuis mes 16 ans, glisse la quinquagénaire avec nostalgie. Les glaces Oscar, c’est un peu comme mon deuxième enfant. »

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